Philippe Noiret

L'horloger de Saint-Paul (Bertrand Tavernier - 1974)

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Il faut oublier certains discours politico-gauchisants et se concentrer sur la relation entre un père et son fils recherché puis jugé pour meurtre. L’incompréhension, réelle mais tranquille, entre ces deux êtres qui prévalait dans la vie d’avant fait alors place à un soutien total du père envers son fils. Dans ce registre, Philippe Noiret est excellent comme d’habitude.

Chouans (Philippe de Broca - 1988)

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Philippe de Broca nous a plutôt habitué à des des films où l’humour et la comédie viennent en contrepoint de la réalité. Mais ici, il nous conte la terrible répression contre les chouans restés fidèles au roi du temps de la Terreur. C’est donc un vrai drame qui se joue avec ses morts injustes et cruelles. Nos sentiments naviguent contre les uns ou contre les autres selon les événements : pillage des villages par des chouans enivrés et fanatisés par des imbéciles, exécution d’enfants par les républicains, massacre de soldats par la chouannerie, etc. Heureusement, il y a le dynamisme un peu naïf de Stéphane Freiss dont le personnage comprendra trop tard que le monde qu’il a connu a bel et bien disparu. Sophie Marceau, tiraillée entre deux êtres qu’elle aime malgré tout. Et bien sûr, Philippe Noiret qui tente de préserver le peu d’humanité qui reste ici bas.

Le juge et l'assassin (Bertrand Tavernier - 1975)

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Un face à face extraordinaire de deux personnages que tout oppose, campés par deux acteurs dont il est puéril de vanter le talent. En tâche de fond, les désordres dans la République causés par l’affaire Dreyfus et la rancoeur pas si lointaine de la défaite de 1870, qui conduisent les autorités à privilégier l’ordre salvateur au détriment d’autres valeurs, plus humanistes. Cette « folie », pas si éloignée de celle du personnage magistralement interprété par Galabru, débouchera sur « La Grande Boucherie » de 1914. Seul petit regret : la laïus du réalisateur dans le générique de fin qui fait un parallèle entre les victimes du criminel et les enfants qui meurent dans les usines. Bon, on va dire que c’était dans l’air du temps.

Le vieux fusil (Robert Enrico - 1975)

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Ce film est tout simplement admirable. Philippe Noiret y est exceptionnel en homme un peu désabusé et qui traverse la guerre avec fatalisme, comme un mauvais moment à passer, avec l’heureuse compagnie des gens qu’il aime et qui l’aime. Il sera rattrapé par la barbarie et n’aura de cesse de se venger avec méthode et sang-froid de ceux qui lui ont vraiment tout pris. Romy Schneider est sublime à ses côtés et il plane de bout en bout une lumière de chef-d’oeuvre sur tout le film.